Chantier 3 

Énoncés de mission

Dans le cadre du projet de recherche « Les archives “privées” du Québec : objets, actrices et acteurs, lieux et pratiques », le troisième chantier vise à déterminer ce qui caractérise ces « archives autres que publiques1Loi sur les archives. RLRQ, c. A-21.1https://www.legisquebec.gouv.qc.ca/fr/document/lc/A-21.1  » et ainsi mettre en évidence des éléments pouvant servir à mieux les définir. À cette fin, il s’agira d’effectuer une analyse lexicale de la mission de ces lieux d’archives telle qu’exprimée sur leur site Web.

La mission exprime la raison d’être d’un organisme, ce pourquoi il a été créé et ce qu’il vise à réaliser. Certains organismes ont les archives comme mission. On n’a qu’à penser aux centres et services d’archives. Mais beaucoup d’entre eux, qui n’ont pas les archives en tant que telles comme mission, accordent néanmoins de l’importance à celles-ci en vertu justement de ce qui est au cœur de leur existence.

Quel est le lien entre la mission d’un organisme et les archives ? Qu’est-ce que les énoncés de mission peuvent nous apprendre au sujet des archives privées, ces « archives autres que publiques » ? Pour analyser les mots selon lesquels s’expriment la vision, la justification, la réalisation et l’utilisation des archives dans les énoncés de mission, nous suivrons la démarche que nous avons utilisée dans le texte « En direct de l’EBSI : un autre usage des mots2Lemay, Y. (2024). En direct de l’EBSI : un autre usage des mots. Dans S. Mas et D. Maurel (dir.), L’archiviste humaniste : Rôles et positionnement institutionnel et sociétal. Mélanges offerts à Louise Gagnon-Arguin (p. 31-39). Presses de l’Université du Québec.  », c’est-à-dire que, dans une forme de poésie documentaire, les mots des énoncés viendront ponctuer les propos visant à mieux comprendre la teneur et la portée de ces énoncés de mission3Notre analyse est basée sur les énoncées d’un peu plus du tiers des lieux (337/947) compris dans le Répertoire des lieux d’archives privées en avril 2025, un outil développé dans le cadre du premier Chantier du projet de recherche sur les archives privées..



Les verbes

Recueillir4

Traiter5

Préserver

Diffuser

Voilà le type de verbes que l’on retrouve fréquemment dans les énoncés des organismes ayant les archives comme mission et qui servent à déterminer les principales actions à entreprendre afin d’y satisfaire. D’autres sont également utilisés tels que :

Conserver6

Acquérir, Rassembler

Collecter, Classer

Mettre en valeur

Rendre accessible7

Or, ces actions sont loin d’être les seules dont font état les énoncés de mission. Beaucoup d’autres y sont présentes comme en témoignent les exemples suivants.

Ils tendent aussi à :

Faire connaître8, Partager, Découvrir

Témoigner

Promouvoir9, Valoriser

Présenter10, Informer

Vulgariser11

Documenter, Publier

Tantôt, dans une perspective plus pragmatique, les énoncés visent davantage à :

Produire, Offrir12, Développer13

Organiser14

Représenter, Regrouper15

Fédérer

Mais, certains, dans une optique plus militante, cherchent à :

Défendre16, Protéger

Soutenir17

Favoriser

Ou du moins, à :

Encourager18, Se consacrer19

Contribuer20

Appuyer21, Participer

Conscientiser, Sensibiliser22

Mobiliser

Servir

Plusieurs aspirent à :

Analyser23, Étudier24, Explorer

Penser

Faire évoluer

Créer

Et, à maintes reprises, ils se consacrent à :

Reconnaître25, Revaloriser

Enseigner, Éduquer, Transmettre26

Divertir

Faire vivre

Ainsi, la diversité des actions qui sont présentes dans les énoncés de mission nous laisse déjà entrevoir une autre signification à la définition des archives privées en tant qu’ « archives autres que publiques ». En effet, compte tenu de la portée de leurs actions qui excède celles habituellement associées aux archives — tout particulièrement aux archives publiques —, soit de recueillir, traiter, préserver et diffuser, le qualificatif « autres » prend un tout autre sens. « Autres » non seulement parce qu’elles sont hors de la sphère publique mais « autres » parce qu’elles visent nombre d’aspects qui ne sont pas considérés par leurs vis-à-vis. La Figure 1 qui réunit l’ensemble des actions permet de mieux en saisir l’ampleur comme l’indique la partie centrale de la figure.

  • 1
    Loi sur les archives. RLRQ, c. A-21.1https://www.legisquebec.gouv.qc.ca/fr/document/lc/A-21.1  »
  • 2
    Lemay, Y. (2024). En direct de l’EBSI : un autre usage des mots. Dans S. Mas et D. Maurel (dir.), L’archiviste humaniste : Rôles et positionnement institutionnel et sociétal. Mélanges offerts à Louise Gagnon-Arguin (p. 31-39). Presses de l’Université du Québec. 
  • 3
    Notre analyse est basée sur les énoncées d’un peu plus du tiers des lieux (337/947) compris dans le Répertoire des lieux d’archives privées en avril 2025, un outil développé dans le cadre du premier Chantier du projet de recherche sur les archives privées.